Quand l’argent est tabou

Quand l’argent est tabou

Depuis la création de mon blogue, j’ai reçu 2 demandes d’entrevues de la part d’émissions de télévision.  Wow!! Il va sans dire que je me suis senti très flattée, mais ma réponse à leur demande était négative. Pourquoi?

Alors que je remerciais la charmante recherchiste d’avoir pensé à moi, mais que je refusais, celle-ci m’a réécrit. Elle trouvait dommage qu’autant de blogueur sur l’indépendance financière souhaite rester anonyme, car au Québec, l’argent est ben tabou. Elle voulait pouvoir briser ce tabou grâce à l’émission qu’elle préparait et à ce moment, je me suis sentie un peu hypocrite. Je vous présente et valorise un mode de vie particulier pour devenir indépendant financièrement, mais en même temps je cache mon identité… comme si j’en avais honte. En gros, sans trop me l’avouer, je cache mon visage.

La recherchiste a un peu raison, c’est dommage.

Malgré tout, je ne me sens pas encore prête à me dévoiler au grand jour. Il y a plusieurs éléments qui m’empêchent de sortir de l’anonymat. En voici quelque uns.

La sécurité de mes données

Vous avez peut-être remarqué, je donne quand même pas mal d’informations sur mes comptes, mes revenus et mes dépenses. Mon copain ayant étudié en génie informatique, et donc, il connait bien la sécurité informatique, était pas super content de savoir que je lançais mon blogue sur l’indépendance financière. Il m’a expliqué qu’avec toute l’information que je donne, si une mauvaise âme connaissez en plus mon nom, je risqué de vivre un vol d’identité. Je n’irais pas dans les détails, car ce n’est pas mon domaine de connaissance. Si l’un d’entre vous aimerait mieux expliquer ce risque en commentaire de cet article, je serais très intéressée!

Les représailles

C’est plus ou moins un vrai risque pour moi. J’ai un emploi de gouvernement stable, un poste que je ne risque pas de perdre à cause de mon blogue. Du moins, je ne vois pas pourquoi. Par contre, en tant que travailleur autonome, j’ai environ 5-6 clients avec qui je fais affaire régulièrement. Je travaille surtout avec de petites entreprises et même si je suis très flexible au niveau du paiement (je peux me le permettre à cause de mon revenu stable), j’ai peur de voir certains clients vouloir diminuer mes taux ou se plaindre que je charge trop en tenant compte de mon emploi stable. Bref, je n’ai pas envie de gérer ça et j’ai peur que ça nuise à mon travail.

La charité?

Je n’en parle pas beaucoup, mais je donne à la charité. J’achète régulièrement des cannes en double pour les organismes et pour la guignolée, puis je donne à quelques organismes chaque mois. Pour moi, c’est très important. Par contre, je ne souhaite pas me faire bombarder de courriel et d’appels par des charités autres pour que je donne plus parce que ”j’ai les moyens”. Je choisi les organismes auxquels je donne et j’apprécie qu’on ne m’interpelle pas toutes le quelques semaines.

Puis, il y a la charité de la part de ma famille. Je viens d’une famille assez pauvre. Mon père travaillait énormément à un salaire presque minimum (60h+/semaine) et ma mère était à la maison. Nous n’avons jamais eu beaucoup d’argent. Je n’ai pas envie de créer un malaise. Déjà que d’avoir acheté ma maison à 22 ans, c’est un gros signe de richesse, je ne voudrais pas en rajouter. Mais bon, il faut dire que ma famille croit que c’est mon copain qui soutiens le couple financière (aka qu’il fait + d’argent et qu’il gère toutes les dépenses). C’est assez comique, car c’est pas mal l’opposé haha! Mais je les laisse le croire.

 

Un peu comme le jeune retraité, je crois me dévoiler au grand jour quand mon objectif sera atteint. Si j’ai encore un blogue d’ici là! Peut-être que je prendrais cette décision beaucoup plus tôt. Mais pour l’instant, je reste caché, un peu honteuse, mais aussi un peu soulagée.

Chacun ses démons, je suppose.

AuthorLily

Je suis la petite retraitée: Lily, 22 ans. Ce blogue est un récit de mon parcours vers l’indépendance financière.
Suivez-moi dans ce périple. 👇😇

15 replies to Quand l’argent est tabou

  1. Salut Lily,

    Effectivement, l’argent est tabou, et surement pas qu’outre atlantique !

    Ici c’est la même chose (France) , même si je n’en ait foutrement rien à faire des avis que les gens pourraient avoir sur moi, je n’ai pas envie que cette avis influence leur prise de décision vis à vis de moi.

    “Tu gagnes plus, tu peux bien payer le restaurant ce soir” ou même qu’un manager juge en premier ma richesse au lieu de juger ma capacité à justement, créer de la valeur et des revenus.

    Je pense suivre la même stratégie que toi, peut être atteindre une étape des mes objectifs, et après, dévoiler certaine chose personnel dans cette aventure vers la liberté financière.

    Super article !

    • Je crois que l’argent est tabou partout, du moins, partout où il y en a.

      Merci 🙂

  2. Tu te caches, mais tu ne t’en caches pas! 🙂

    Tu as des bons points, c’est vrai que l’argent est encore beaucoup tabou au Québec! Tu te sauves beaucoup de trouble en gardant l’anonymat!

    Le jour où tu décideras de sortir de l’anonymat, je suis pas mal sûr que les offres d’entrevues télé seront encore là!

    • Hahaha, j’espère! C’est le genre de sujet qui doit rester d’actualité. Quand on voit les chiffres sur les gens qui n’ont aucune économies à 50, 60, 70 ans, c’est triste. Ça prouve qu’on doit en parler plus, vulgariser la chose.

  3. Bonjour la Petite Retraitée,

    Je dois avouer que je ressens les mêmes sentiments que toi. Je cache mon identité moi aussi sur mon blogue (retraite101.com), que j’ai lancé cette semaine en passant. Je pense moi aussi que je vais dévoiler mon identité lorsque j’aurai atteint mon objectif d’indépendance financière (ou quelques années avant). Mais d’ici là, je vais garder l’anonymat. Je n’ai pas peur pour la sécurité de mes données, car je ne dévoile aucune information financière sur mon blogue. Par contre, je cache mon identité sur mon blogue, car l’argent et la (sur)consommation sont un sujet sensible dans mon entourage. Voici quelques exemples…

    La plupart des personnes de mon entourage trouvent (et certains le disent) que je suis « cheap », car je ne suis pas un grand consommateur (ex. : restaurants huppés, vêtements de marque, gadgets électroniques) et, car je ne donne pas beaucoup de cadeaux (ex. : à leur fête ou à Noël). En fait, ce n’est pas que je suis « cheap », c’est seulement que je trouve que ce n’est pas raisonnable d’aller manger un steak avec une bouteille de vin à 150$ dans un restaurant. Je préfère acheter un steak à l’épicerie, une bouteille de vin à la SAAQ et souper à la maison. Avec les économies réalisées, je maximise mon REER et mon CELI. C’est beaucoup plus logique à mon avis!

    C’est la même chose pour les vêtements et jouets pour mon propre enfant. Ils ne comprennent pas que je préfère acheter les vêtements et jouets usagés au lieu de les acheter neufs. En fait, ce n’est pas parce que je suis « cheap », mais plutôt que je trouve que ce n’est pas raisonnable d’acheter des vêtements neufs à 50 $ chacun et des jouets neufs à 100 $ chacun qui vont assurément être utilisés à peine quelques mois (mon enfant n’a même pas un an encore). En passant, les vêtements « usagés » que j’achète sont en parfait état et je paye une fraction du prix. Avec les économies que je fais en achetant ces vêtements et jouets usagés, je cotise davantage à son REEE. Je pense que mon enfant va être beaucoup plus heureux que ses études universitaires soient payées que d’avoir porté des vêtements neufs de marque quand il était bébé…

    Pendant que toutes ces personnes (sur)consomment et me jugent, je coupe les dépenses inutiles, je réduis les dépenses que je ne trouve pas raisonnables et j’épargne en vue d’atteindre l’indépendance financière! J’ai bien hâte de voir comment ils vont me juger, dans 10 ou 15 ans, quand j’aurai la liberté d’arrêter de travailler activement…

    Au plaisir!
    Retraite101

    • Allo Retraite 101. 🙂

      Félicitations pour ton nouveau blogue, je ne crois pas qu’on peut en avoir trop. Clairement, au Québec, il y a beaucoup d’éducation et de vulgarisation à faire au sujet de l’argent.

      Je suis tellement d’accord avec toi sur tous ces points. Je n’ai pas (encore?) d’enfant, mais j’ai la même logique. Ça grandit tellement vite, ces petites bêtes-là.

      De mon côté, je préfère de loin manger à la maison. Je me sens plus à l’aise, dans mes affaires, et surtout, je peux choisir la quantité. À la maison, il y a juste assez de laitue, juste assez de viande, juste assez de petit pain chaud. Et pour la fraction du prix!

      Dans 10 ou 15 ans, tu passeras tes journées à faire ce que tu veux, quand tu veux. Peut-être meme voyager au travers le monde. Ceux qui te jugent aujourd’hui seront horiblement jaloux plus tard.

      • Tu vois, j’ai malheureusement l’impression que les mêmes jugements et commentaires vont être présents quand je serai libre financièrement à 45 ans ou avant. Des commentaires tels que : « C’est normal qu’il puisse déjà prendre sa retraite, il a été “cheap” toute sa vie » ou « C’est normal qu’il puisse déjà prendre sa retraite, il ne fait rien de sa vie… il n’a pas de bateau, de moto ni que VTT comme nous! ». C’est peut-être parce que je n’ai pas besoin de cela pour être heureux, non? Mais bon, ce n’est pas difficile pour le moral d’entendre ces commentaires-là. Pour l’instant, je dois avouer que ça me fait rire intérieurement.

  4. Bonjour la Petite Retraitée,

    Je ne comprends pas pourquoi mon commentaire d’hier a été effacé? (ou n’a pas été accepté).

    Au plaisir de discuter!

    Retraite101

    • Je viens de l’approuver, haha. J’essaie de voir le blogue tout les jours, mais ce n’est pas toujours possible. 🙂

      • Désolé! Habituellement sur les blogues que je commente, je vois le message « en attente d’approbation ». Mais ce n’était pas affiché… Donc c’est pour ça que je pensais que mon message avait été refusé.

        Merci et au plaisir de lire tes prochains articles.
        Retraite101

  5. Bonjour Lily,

    Dans mon cas, ce qui est tabou c’est pas tant d’avoir l’argent que d’en dépenser peu (relativement à mon salaire, avant, ou mon actif, maintenant). Comme si être économe était un défaut, proche de l’avarice, du Grincheux ou faire de soi quelqu’un de cheap comme disait Yann. Alors j’essaie d’être un caméléon et me fondre dans la masse, ce qui signifie être anonyme si la réalité de sa situation!

    • Bonjour Mr. Jack,

      C’est un peu mon problème à moi aussi, comme je le mentionne dans mon commentaire. Pour certains, c’est un défaut ou une preuve d’échec de devoir établir un budget, réduire les dépenses inutiles (ou non raisonnables) et épargner pour la retraite… J’ai donc ce « défaut » depuis quelques années. Pour moi, c’est tout à fait l’inverse!

      Bonne journée.
      Retraite101

  6. Ton attitude est tout à fait compréhensible : dès qu’on sort du chemin mainstream, on prend le risque d’être jugé. Pourquoi s’infliger ça ? Ce sera sûrement plus facile de parler clairement quand tu auras atteint ton objectif et concrétisé les choses, si le besoin de parler venait, bien sûr. Dans l’ensemble les gens projettent sur nous leurs craintes, leurs doutes, et ce n’est pas du tout simple à gérer. J’ai acheté des appartements mais je n’en parle pas à n’importe qui, non que ce soit mal ou honteux, mais parce que beaucoup de personnes vont émettre des doutes sur la démarche et je n’ai pas envie de m’encombrer de LEURS doutes. Je gère les miens, ça me suffit ! 🙂 Bonne route à toi, laisse chacun croire ce qu’il veut et avance sereine !

  7. Bonjour Lily!

    Je suis dans la début vingtaine et m’intéresse beaucoup à l’indépendance financière. Votre blogue est très intéressant et j’adore lire vos articles. J’aimerai savoir si vous comptiez avoir un/des enfants dans votre vie et si oui, comment le tout est prévu dans votre budget futur?

    Merci!
    Eric

    • Salut Éric !

      Bonne question. J’aimerais avoir des enfants, probablement pas avant l’âge de 28 ans (donc dans 7 ans). Au maximum 2.

      D’un autre côté, je ne suis pas une fan de tomber enceinte (mère nature est sexiste de nous imposer cette torture, aux femmes). Je songe plutôt à adopter. Peut-être accueillir un enfant un peu plus vieux. Mon copain et moi sommes pas du tout à cette étape dans la planification de notre vie future. 😉

      Pour ce qui est de l’impact sur les finances, c’est encore un peu loin pour moi, je n’y ai pas encore vraiment songé.

      J’ai lu qu’un enfant coûte entre 5 500$ (étude de l’ACEF) et 10 210$ (chiffres du gouvernement) par année à une famille, incluant la garderie (au Québec!), vêtements, nourriture, etc. À savoir lequel est plus proche de la réalité, je ne sais pas.

      Lien -> http://www.mamanpourlavie.com/finances-familiales/famille/9405-combien-ca-coute-avoir-un-enfant.thtml

      Finalement, je songe évidemment profiter du programme d’épargne pour les études du gouvernement. Je crois qu’il faut y metre 5 000$ par année pour profiter au maximum des retours du gouvernement. L’éducation est importante pour moi. Si je n’ai pas les moyens d’offrir l’accès au savoir à mes enfants, pourquoi en avoir?

      Lien -> https://www.canada.ca/fr/agence-revenu/services/impot/particuliers/sujets/regime-enregistre-epargne-etudes-reee.html

      Merci de me lire. 🙂

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